Suicide, assassinat commandité, complot pétrolier, fuite organisée : un siècle de récits a tourné autour des mêmes indices sans jamais en ajouter un seul. Cette enquête ne retient pas la version la plus spectaculaire. Elle pèse ce que chaque hypothèse exige en échange de ce qu'elle explique, et renvoie la piste de la Standard Oil à la dernière place, faute du moindre document.
Car sous les quatre pistes court le même mobile. À l'automne 1913, Londres rachetait une compagnie pétrolière en Perse, Kiel équipait ses sous-marins de moteurs d'Augsbourg, et un ingénieur traversait le continent en répétant que les pays sans gisements devaient cultiver leur carburant. Il s'est trompé sur les hectares. Sur la dépendance énergétique, personne n'a jamais démontré qu'il avait tort.
L'homme derrière le mot, le moteur qui arma les sous-marins allemands de la Première Guerre mondiale, la ruine dissimulée sous la fortune — et une disparition jamais élucidée. Son nom, lui, s'écrit aujourd'hui en minuscules sur toutes les pompes d'Europe.