Chimiste des explosifs sans diplôme, Jack Parsons résout en 1942 le problème qui bloquait la fusée américaine : le premier propergol composite coulable. Sa descendance directe, ce sont les cinq cents tonnes de poudre des propulseurs de la navette. Le soir, dans sa villa de Pasadena, il dirige la loge Agape de l’Ordo Templi Orientis, écrit à Aleister Crowley et héberge un auteur de science-fiction nommé L. Ron Hubbard, qui repartira avec ses économies. Suivront un dossier du FBI, une habilitation de sécurité retirée, et l’explosion du 17 juin 1952.
Cet homme n’a pas été oublié : il a été effacé. Ses deux vies sont attestées avec la même certitude, souvent dans les mêmes dossiers. Rapports techniques, actes de société, correspondance, procès-verbal de police : l’enquête avance pièce par pièce et sépare à chaque ligne ce qui est documenté de ce que l’auteur soutient, sans jamais dissimuler de quel côté il se tient.
Un cratère lunaire porte son nom. Il se trouve sur la face que personne, depuis la Terre, ne pourra jamais regarder.
La prochaine fois que vous entendrez compter à l’envers, vous saurez d’où vient ce compte.