Gustave Le Bon, né en 1841 à Nogent-le-Rotrou et mort en 1931 à Marnes-la-Coquette, fut à la fois médecin, voyageur, observateur des sociétés et penseur influent de son époque, dont la curiosité embrassa la psychologie, l'anthropologie et la vie collective. Après des études de médecine, il parcourut de nombreux pays, expérience décisive qui nourrira sa réflexion sur les civilisations, les comportements humains et les mécanismes de la foule. Son œuvre, abondante et souvent provocatrice, lui valut une grande notoriété en analysant la puissance des croyances, le rôle des images, la fragilité du jugement individuel et la manière dont les groupes transforment les idées. Il s'est imposé comme l'un des grands observateurs des passions collectives, des illusions politiques et des ressorts de l'opinion publique. Ses écrits abordent avec lucidité la suggestion, la contagion mentale, l'autorité, la décadence des civilisations et les limites de la raison quand elle se heurte aux émotions et aux instincts. Aujourd'hui encore, sa pensée demeure étonnamment actuelle à l'heure des réseaux sociaux, de la manipulation de l'information et des réactions de masse, car elle aide à comprendre pourquoi les foules suivent, croient et s'emballent si vite. Le Bon laisse ainsi une œuvre essentielle pour qui veut réfléchir aux rapports entre individu et société, entre vérité et persuasion, entre connaissance et illusion. Les lecteurs attirés par la psychologie des comportements collectifs, l'histoire des idées et les analyses incisives de la modernité trouveront chez lui un auteur stimulant, parfois dérangeant, mais toujours fécond.