Dans ce livre, Sagan tente une gageure. Le Chien couchant est un texte inattendu. Loin de Paris, de la frivolité mondaine et des drames amoureux bourgeois, l’auteur de Bonjour tristesse inscrit son roman dans le milieu prolétaire, s’approprie sa rudesse et sa morosité. Plus d’artifices, seulement d’honnêtes gens pris au piège d’amours farfelues et de rêves ambitieux. C’est alors avec un réel plaisir que l’on découvre de façon insolite ce qu’on aime tant chez Sagan : on trompe l’ennui comme on peut, on aime en trichant un peu.
Un livre délicat sur la question de l’amour sincère et de sa mise à nu.
À dix-neuf ans, Françoise Sagan connaît la gloire avec Bonjour tristesse. Des pièces de théâtre, de nombreux romans ont suivi. Tous ont rencontré le succès. Elle a écrit elle-même sa rubrique nécrologique dans Le Dictionnaire des auteurs, publié sous la direction de Jérôme Garcin : « Fit son apparition en 1954 avec un mince roman, Bonjour tristesse, qui fit un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une oeuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même. »