Au coeur de cette « tourismophobie » d’hier à aujourd’hui, il y a la question de la masse et de la différenciation entre ceux qui s’autodésignent « voyageurs », déniant leur propre tourisme, et les touristes. Tourismophobie étudie la persistance de la répulsion à leur endroit alors que leur nombre est de nos jours infiniment plus élevé, qu’ils ne sont socialement plus les mêmes et que les pratiques ont radicalement changé.
Il s’agit de faire sortir de l’ombre cet invariant culturel et de comprendre les ressorts de cette posture sociale qui a pris un nouveau tournant avec le dérèglement climatique. Sans ignorer les effets négatifs du tourisme, cet ouvrage est une réponse au débat actuel sur le « surtourisme », la forme la plus contemporaine de la tourismophobie.
Jean-Christophe Gay, agrégé de géographie, est professeur des universités à l’IAE Nice (Université Côte d’Azur). Membre du laboratoire URMIS, il est le directeur scientifique de l’Institut du tourisme Côte d’Azur.