Nat alluma les bougies de la ménorah et j'éteignis les lampes. Je lançai mon bon vieux Platters ; le disque était tellement usé jusqu'au coeur des microsillons qu'on aurait pu voir le jour à travers. Doo-wop ! Doo-wop ! Il m'enlaça, nos corps s'épousèrent. À la fin d'Only You, sa cuisse s'insinuait entre les deux miennes et son lent frottement rythmé limait les derniers barreaux de ma respectabilité ; je devenais liquide. Montait de son torse un parfum pénétrant, l'odeur de sa peau d'homme mêlée de sueur et de tabac blond, il y avait longtemps que je n'avais ressenti une telle sensation et quand je perçus contre ma chatte la raideur de son piquet dressé le trouble fut à son comble ; je m'empressai de retourner la face du disque afin de retarder l'embrasement général...
Al Mezzrow qui a publié Zipman chez SKA nous donne cette nouvelle qui se déroule à New-York dans les années 70. C'est l'époque où la libération sexuelle s'affirme. Cette évocation cocasse d'un cadeau original de Noël vaut son pesant de strudel aux pommes.
Al Mezzrow a rencontré Max Obione lors d'un voyage de recherche qu'elle faisait en Normandie sur les traces des GI débarqués en 44. Elle a accepté de lui confier des textes, mais on n'en saura pas plus, ni sur sa vie -sauf qu'elle est New Yorkaise- ni sur son passé qui semble pourtant un chouïa agité... ni sur ses nombreux écrits sous pseudo.