John Ruskin (1819-1900) fut l'une des grandes voix intellectuelles de l'Angleterre victorienne, à la fois critique d'art, essayiste, penseur social, pédagogue et observateur passionné de la nature. Né à Londres dans une famille aisée, il reçut une éducation soignée qui nourrira très tôt sa curiosité pour la peinture, l'architecture, les paysages et les rapports entre beauté, morale et vie collective. Tout au long de sa vie, il défendit avec vigueur l'art médiéval, dénonça les excès de l'industrialisation et plaida pour une société plus juste, plus attentive au travail humain et à la dignité des formes de vie ordinaires. Son œuvre, ample et influente, a marqué durablement la critique d'art, l'histoire de l'architecture, la pensée sociale et même les débuts de l'écologie moderne, en rappelant que la beauté n'est pas un luxe mais une nécessité spirituelle et civique. Ses écrits autobiographiques et réflexifs, dont ses souvenirs de jeunesse, révèlent aussi un esprit sensible, parfois tourmenté, toujours soucieux de comprendre le lien entre mémoire, éducation et formation du regard. Aujourd'hui encore, Ruskin demeure essentiel pour ceux qui s'interrogent sur la place de l'art dans la société, sur la responsabilité morale du progrès et sur notre relation au monde naturel. On le lira avec profit si l'on aime la critique d'art, les grandes idées sociales, la prose élégante et les méditations sur la beauté, le travail et la conscience.