Gustave Le Bon, né en 1841 dans une France en pleine mutation politique et sociale, fut à la fois médecin, voyageur, anthropologue amateur et penseur des comportements collectifs, avant de devenir l'une des figures intellectuelles les plus commentées de la fin du XIXe siècle. Curieux de tout, il observa les sociétés humaines avec l'œil d'un savant autant qu'avec celui d'un témoin inquiet des bouleversements de son époque, marquée par l'essor des masses, les crises politiques et la transformation rapide des rapports sociaux. Son apport le plus célèbre tient à ses analyses pionnières de la psychologie collective, qui ont profondément influencé la sociologie, la politique, la communication et l'étude des comportements de groupe. Il a également écrit sur les civilisations, les races au sens scientifique de son temps, les croyances, les foules et les mécanismes de l'influence, cherchant toujours à comprendre comment les individus changent lorsqu'ils se fondent dans un ensemble. Ses idées, souvent débattues, restent d'une étonnante actualité à l'ère des réseaux sociaux, de la viralité et des émotions de masse, car elles interrogent la manière dont l'opinion se forme, se propage et se manipule. Si certaines de ses thèses portent la marque de leur siècle et doivent être lues avec esprit critique, son œuvre demeure essentielle pour qui veut réfléchir aux ressorts psychologiques du collectif et aux fragilités de la démocratie face aux passions partagées. Aujourd'hui encore, Gustave Le Bon intéressera particulièrement les lecteurs curieux de psychologie sociale, d'histoire des idées, de politique et de la manière dont les sociétés se laissent guider par les croyances, les images et les émotions.