Anachorðtes et c_nobites vivaient dans l'abstinence, ne prenant de nourriture qu'aprðs le coucher du soleil, mangeant pour tout repas leur pain avec un peu de sel et d'hysope. Quelques-uns, s'enfonðant dans les sables, faisaient leur asile d'une caverne ou d'un tombeau et menaient une vie encore plus singuliðre.
Tous gardaient la continence, portaient le cilice et la cucule, dormaient sur la terre nue aprðs de longues veilles, priaient, chantaient des psaumes, et pour tout dire, accomplissaient chaque jour les chefs-d'oeuvre de la p_nitence. En consid_ration du p_ch_ originel, ils refusaient ö leur corps, non seulement les plaisirs et les contentements, mais les soins mðmes qui passent pour indispensables selon les id_es du siðcle. Ils estimaient que les maladies de nos membres assainissent nos ämes et que la chair ne saurait recevoir de plus glorieuses parures que les ulcðres et les plaies. Ainsi s'accomplissait la parole des prophðtes qui avaient dit: Le d_sert se couvrira de fleurs.é
Parmi les hªtes de cette sainte Th_ba¥de, les uns consumaient leurs jours dans l'asc_tisme et la contemplation, les autres gagnaient leur subsistance en tressant les fibres des palmes, ou se louaient aux cultivateurs voisins pour le temps de la moisson. Les gentils en soupðonnaient faussement quelques-uns de vivre de brigandage et de se joindre aux Arabes nomades qui pillaient les caravanes. Mais ö la v_rit_ ces moines m_prisaient les richesses et l'odeur de leurs vertus montait jusqu'au ciel.