« La vallée de l'Oublie n'oublie pas. »
Rue des Tanneurs, à Saint-Juste, un homme tape à la machine ce qu'on vient lui confier. Mot pour mot. Puis il relit à voix haute. Il ne corrige rien, il ne juge personne.
On frappe un soir de pluie, un matin de brouillard. On garde son manteau. Un garagiste, une blanchisseuse, une institutrice, une vieille bergère : des gens ordinaires, venus raconter une faute ordinaire. Un mensonge, une dette, une maison convoitée, un enfant qu'on a laissé faire.
Il y a ce pare-chocs redressé à l'aube, « pour un chevreuil ». Cette clé sans étiquette, frappée deux fois sur le zinc. Ce chauffe-lit de chêne acheté cinq bons à la coopérative. Ces coups qui montent, la nuit, de sous le charbon, aux heures exactes notées sur un vieux calendrier. Une horloge arrêtée à onze heures quarante.
Ici, rien ne reste sans suite. Ce qu'on a fait revient, parfois au bout d'un hiver, parfois au bout de cinquante ans, et rarement par le chemin qu'on attendait. Et toujours, quelque part, une effraie se pose sur un toit.
Dix-sept récits d'épouvante rurale, dix-sept dossiers numérotés : la première saison d'un registre ouvert bien avant vous.
La lampe est allumée, le café chauffe. Approchez une chaise, et écoutez.
Fiction inspirée de légendes et de faits anciens.